L’île de Saint-Simon

Les îles de San Simón et San Antón sont une enclave paradisiaque située dans la Ría de Vigo (Galice) Juste à l’entrée de la baie de San Simón se trouve l’île du même nom. Un pont la relie à sa voisine, San Antón. Ensemble, ces îles sont, depuis l’Antiquité, le témoignage direct de notre histoire et des multiples avatars et tragédies qui s’y sont déroulées.

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Au Moyen-âge, après une première installation religieuse, San Simón va connaitre une longue activité monacale qui durera jusqu’à la moitié du XVIII siècle. C’est à cette époque que naît le culte au saint qui donne le nom à l’île. Pendant ce temps, la paix du lieu se verra perturbée par des conflits territoriaux, des violences et des batailles.

Après les incursions corsaires de Francis Drake dans le Ría de Vigo et dans l’île de San Simón au XVI siècle, vient la bataille de Rande en 1702, pendant la Guerre de Succession. Une flotte armée anglo-hollandaise attaque les vaisseaux espagnols et français réfugiés dans la crique de San Simón pour se défendre de l’attaque et mettre à l’abri de l’argent et produits de valeur en provenance d’Amérique. La bataille s’achève avec l’incendie de la flotte hispano-française.

L’île est objet de pillages et de violences. C’est à partir de cet événement que naît la légende des trésors des galions coulés, mise à profit par la plume de Jules Verne dans l’un des passages de Vingt mille lieues sous les mers. Le Nautilus, le sous-marin du capitaine Némo imaginé par Verne, a jeté l’ancre à San Simón. Il était venu jusqu’à la ria de Vigo à la recherche des trésors enfouis lors de la bataille de Rande.

San Simón et San Antón entrent dans l’histoire contemporaine avec l’inauguration d’une léproserie sur les deux îles, qui sera en activité de 1842 à 1927. Alors que San Antón accueillait les malades irrécupérables, San Simón hébergeait ceux pour lesquels les médecins conservaient un espoir de guérison.

Une fois la léproserie fermée, la guerre civile espagnole (1936-1939) a tronqué plusieurs projets par les iles et ce lieu devient une prison dans laquelle les insurgés incarcèrent des prisonniers politiques. De 1936 á 1943, le régime franquiste dispose d’un espace d’isolement politique et du plus grand camp de concentration du pays, par lequel passeront près de six mille personnes.

Elles ont ensuite servi de résidence temporaire à la garde de Franco, lorsqu’il se trouvait dans la région. Mais, en août 1950, 45 membres de l’organisation périssent dans un naufrage, ce qui entraine la fermeture définitive du logement.

Entre 1955 et 1963, elles ont été transformées en foyer pour les orphelins de marins, puis fermées la même année jusqu’en 1999, date à laquelle elles ont été déclarées Bien D’Intérêt Culturel. Actuellement, ces îles sont une valeur patrimoniale, environnementale et essentiellement un témoignage de notre mémoire commune.