Lieux de mémoire France

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Nous avons imaginé un lieu de mémoire pour les conflits du XXIème siècle : l’arbre de vie.

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Ce projet a remporté le premier prix du Concours Académique 2018 « Comment transmettre la mémoire des conflits du XXIème siècle aujourd’hui ? Imaginez un monument pour le XXIe siècle »

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Situation

Erigé en 1919 par deux sculpteur réputés de l’époque, Camus et Vaury ; le monument aux morts chamaliérois de l’avenue Voltaire se situe à l’extérieur du cimetière de la ville et fait l’angle de la rue des Farges.

Description

Ce monument de style néoclassique est composé de plusieurs parties rectangulaires. La partie centrale du monument est un bas-relief conçu en marbre blanc représentant un poilu mourant couronné par l’ange de la Victoire. Une plaque de pierre d’andésite supporte ce bas-relief. Sur la partie basse de la plaque sont sculptés, de gauche à droite, une couronne de laurier (couronne honorifique), une palme (symbole du deuil) et un rameau d’olivier (symbole de paix). Sur la partie haute apparait l’inscription « 1914- A NOS MORTS -1918 POUR LA France ».  De part et d’autre de ce bas-relief central, on aperçoit deux plaques de marbres sur lesquelles sont gravés, par ordre alphabétique les noms et prénoms des 121 Chamaliérois morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Le monument est mis en valeur par une haie qui l’entoure.

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Héros chamaliérois de la Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, 121 chamaliérois tombèrent au champ d’honneur dont 22 à Verdun en 1916.

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Les monuments aux morts

Apparus après la guerre 1870-1871, les monuments aux morts ont été élevés dans leur grande majorité à la suite de la Première Guerre mondiale. Il s’agit d’édifices érigés par les communes pour honorer la mémoire de leurs citoyens morts pour la France. Il est avant tout le témoignage de reconnaissance à tous ceux qui ont défendu leur pays. A défaut de pouvoir enterrer leur mort dans leur lieu de naissance (à l’origine, le combattant était inhumé là où il mourait, sur le champ de ou dans la commune où était situé l’hôpital d’arrière). Il apparut indispensable d’édifier dans les communes des monuments commémoratifs dédiés aux disparus de la guerre. Par la loi du 25 octobre 1919, l’Etat intervient et propose des subventions établies en fonction du nombre de morts dans la commune et des personnes de celles-ci, à toutes les municipalités désireuses de doter d’un monument aux morts. Environ 30 000 monuments furent érigés près des églises, des écoles, des cimetières ou des mairies à partie des années 1920.

A Chamalieres, il a été décidé de bâtir un monument aux morts le 10 novembre 1919. Deux sculpteurs connus, camus et Vaury, furent contactés ; après discussion, Camus fut désigné par 7 contre 4 et une abstention. Comme partout, une subvention était ouverte pour couvrir les frais. Ce sera ma municipalité, élue en décembre, avec le maire Pierre Chatrousse qui inaugurera le monument installé à l’entrée du cimetière ; 121 noms de victimes « originaires de la communes ou y résidait lors de la mobilisation » y sont inscrits, ce qui représente 3,2% de la population communale de 1914. Un peu plus tard, en 1925, 90 corps de militaires décédés dans les hôpitaux de Chamalières que les familles n’avaient pas réclamé furent réunis dans une sorte d’ossuaire, soit un bâtiment où sont conservés les ossements, d’une part et d’autre du monument aux morts.

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Présentation de la commune

Nieul-le-Dolent, est une commune rurale, moyenne de 2716 hectares comptant environ 2200 habitants. Elle se situe dans la région des Pays de la Loire dans le département de la Vendée.

Le maire s’appelle Dominique Durand avec lequel j’ai eu la chance de m’entretenir. Mes grands-parents habitent dette commune, ce sont des exploitants agricoles possédant une centaine d’hectares.

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Le monument aux morts (1914-1918)

Le monument aux morts se situe au coeur de la commune jouxtant une église reconstruite vers 1850. En effet cette église romane, datant du 11ème siècle, avait beaucoup souffert des guerres de religion. Presque tous les seigneurs des environs étaient Calvinistes. C’est ainsi qu’elle fut en partie incendiée en 1569. Avant la guerre, un cimetière était placé à la place du monument aux morts actuel construit en 1921. La statue placée au-dessus du monument aux morts est en bronze.

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Les noms des combattants morts pour la France sont gravés dans le marbre. Le monument compte 62 noms de combattant (1914-1918),  4 pour la guerre (1939-1945) et un pour la guerre d’Algérie. Elle est composée d’une colonne en granite sur lequel sont inscrits les noms dans le marbre classés dans l’ordre alphabétique. Et enfin la statue d’un poilu portant la crosse du fusil à ses pieds. Au pied de la colonne est disposée une palme présente sur toutes les tombes des soldats morts pour la France; au centre une couronne de fleurs taillée dans la pierre, et enfin au-dessus de chaque plaque de marbre une croix chrétienne.

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Présentation du soldat Benjamin Morilleau

Benjamin Morilleau est le frère de la mère de mon arrière-grand-mère maternelle ayant 85 ans. Germain Benjamin Henri Morilleau est né le 3 novembre 1896 à Aubigny dans le département de la Vendée. Il appartient à une petite famille de paysans, ayant un frère Maximen et une sœur Alice. Benjamin, étant l’ainé, il devient lui aussi cultivateur. Il est incorporé au 114e régiment d’infanterie à compter du 8 avril 1915 est appartient au corps le dit jours est immatriculé sous le numéro 7681. Soldat de seconde classe. Passé le 13 avril 1916 au 42e régiment d’infanterie, il est immatriculé sous le numéro 15367. Il participera à la bataille de Verdun en 1916 est à la bataille de la Somme, dont il reviendra vivant. Il rentre en permission, pour Noël 1916 auprès de sa famille.  Au moment de repartir au front, le père de Benjamin décide de le raccompagner, à la gare, à pied sous la neige, de peur qu’il ne se casse une jambe. Et Benjamin répondit : « je préférerais me casser une jambe pour ne plus jamais retourner là-bas. » C’était la dernière fois qu’il revoyait son fils. Benjamin participera donc à l’offensive d’avril 1917 à Berméricourt. Ce plan d’action du nouveau généralissime Nivelle comprenait essentiellement une bataille de rupture sur le chemin des dames, précédée d’une attaque de fixation en Artois est accompagnée d’une offensive sur les monts de Champagne. L’ensemble de ses opérations, prévues pour mars, fut retardé d’un mois par le repli stratégique allemand pour réduire le front d’une bonne soixantaine de kilomètres sur la ligne Indenburg. L’attaque d’Artois, débouchant le 9 avril, précéda de 7 jours l’offensive générale sur le front de l’Aisne ou les Allemands, utilisant habilement le terrain c’était puissamment organisés.

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On suppose que Benjamin fut tué lors de cette bataille du 16 avril 1917, son corps ne sera jamais retrouvé. Le jugement déclaratif du décès de Benjamin sera rendu le 24 août à 1921 par le tribunal des Sables d’Olonne. (D’après les récits et les documents de mon arrière-grand-mère)

Les monuments aux morts

Avec 8 millions de morts et 6 millions d’Invalides en Europe, la guerre a engendré un profond traumatisme. Les traces des guerres obsèdent les sociétés Des années 1919–1939. Les cérémonies commémoratives, la présence dans la société des mutilés, des veuves et des orphelins, les ruines qui jonchent les régions des combats interdisent l’oubli. Toutes les nations ont eu alors le besoin de se souvenir des morts. Les monuments aux morts sont le témoignage matériel manifeste de la reconnaissance de la nation tout entière à l’égard de ceux qui sont morts pour la France. Leur présence dans le paysage architectural français est principalement le fait d’anciens poilus décidé à agir collectivement pour honorer durablement et sur tout le territoire national la mémoire de leurs camarades disparus. L’expression « monument aux morts » s’applique aux édifices érigés par les collectivités territoriales le plus souvent les communes pour honorer la mémoire de leurs citoyens « morts pour la France ». Ce sont donc les associations d’anciens combattants qui ont été  à l’origine du vote de la loi du 25 octobre 1919 relative à la commémoration est à la glorification des morts pour la France de la Grande Guerre. Cette loi institua dans chaque commune la tenue d’un livre d’or dans lequel étaient contenus les noms des soldats. Si elle prévoyait  la construction d’un monument commémoratif à Paris elle incita directement toutes les communes à ériger un tel monument.monument_cham9

La cérémonie du 11 novembre

La cérémonie du 11 novembre commémore la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 entre la France et l’Allemagne à Rethondes.

 

Cérémonie de Nieul-le-Dolent, Vendée

Le 11 novembre, les soldats de la guerre d’Algérie et les soldats de France sont conviés à cette cérémonie pour symboliser les soldats français qu’il y eut et qu’il y aura toujours mais aussi pour perpétuer la tradition.

Le rendez-vous se fait sur la place de l’église devant le monument aux morts, les présidents d’associations, l’union des anciens combattants, le conseil municipal et enfin les écoles de la commune.

On remet ensuite une gerbe de fleurs au pied du moment aux morts. Monsieur le maire lit le message du secrétaire d’État chargé des anciens combattants et de la mémoire, Jean-Marc Todeschini. Puis le président de l’UNC nomme chaque personne tuée au combat et les enfants répondent: ” mort pour la France.”

Sans l’aide du maire de la commune de Nieul-le-Dolent, qui m’a communiqué des informations précises et complètes, nécessaires à la réalisation du petit questionnaire et surtout de mon arrière-grand-mère, qui a 85 ans me contant ses histoires de jeunesse pendant la guerre qui sont intéressantes pour des travaux comme celui-ci mais aussi pour ma culture personnelle. Sans ces deux personnes mon travail aurait été moins exhaustif.