La bataille de Philippi

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Jules César a été assassiné en 44 avant Jésus-Christ par des sénateurs dont son fils adoptif Brutus. La guerre civile reprend à Rome après cet assassinat, et le deuxième fils adoptif de César, Octave, fonde le deuxième triumvirat avec Lépide et Marc Antoine. Ils se sont répartis les territoires et ont éliminé leurs opposants notamment Cicéron. Pendant ce temps sous la pression des partisans de César, Brutus s’est enfui en Crète et un autre des assassins, Cassius, s’est enfui en Grèce puis en Asie et en Syrie. En 42 avant JC ils se rejoignent en Macédoine et s’allient contre le triumvirat. La bataille de Philippi fût la bataille décisive entre le triumvirat et les républicains. Elle commença en septembre 42 avant JC.

 

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Octave et Antoine possédaient 100 000 hommes dont 20 légions et 13 000 cavaliers, Brutus et Cassius, eux, possédaient 80 000 hommes dont 18 légions et 20 000 cavaliers. Brutus disposait de 8 légions et 6 000 cavaliers; Cassius, lui de 11 légions et 6 000 cavaliers également. Brutus avait ainsi 4 000 cavaliers de Gaule et de Lusitanie, 3 000 de Thrace et d’Illyrie et 2 000 Parthes et Thessaliens. La cavalerie de Cassius de son côté se décomposait en 2 000 Espagnols et Gaulois, 4 000 archers montés arabes, mèdes et parthes. Des princes alliés galates et asiatiques leur apportèrent des renforts d’infanterie et surtout 8 000 cavaliers supplémentaires, dont 3 000 provenaient de Rhaskuporis, un prince allié. Le total des forces républicaines s’établissait à environ 80 000 hommes ; mais certaines légions étaient en sous-effectifs. Dans le camp des triumvirs, vingt-huit des quarante-trois légions dont ils disposaient en tout ont été engagées dans cette campagne, mais huit en ont été détachées, de sorte qu’Octave et Antoine n’en disposaient que de vingt devant Philippes. Contrairement aux légions républicaines, elles étaient au maximum de leurs effectifs. Rhaskos avait également fourni 5 000 cavaliers aux triumvirs.

Il y a eu deux batailles à Phillipes, assez proches l’une de l’autre.

Pendant la première, Brutus se retrouve face à Octave et attaque son camp, il s’en empare et prend tout le butin possible. De son côté, Cassius est face à Antoine qui lance une attaque frontale, anéantit le camp du républicain et le pille. Pensant que Brutus a subi la même défaite que lui, Cassius se suicide en demandant à un de ses hommes, Pindarius, de le tuer. Brutus l’enterre en cachette sur l’île de Thassos pour ne pas que sa mort n’ait trop d’effet sur l’armée républicaine.

La bataille se termine et chaque camp emporte son butin sur ses positions originelles. Les pertes sont lourdes des deux côtés, pour les républicains environ 8 000 hommes et pour les triumvirs, environ 16 000 hommes. Nous ne savons pas très bien si ces chiffres sont justes comme pour toutes les batailles antiques.

La ville de Philippes,située à côté, n’est pas détruite.

Pendant la première bataille de Philippes, une autre bataille s’est engagée sur la mer lonienne, entre des républicains (Murcus et Ahenobarbus) et une flotte des triumvirs qui s’apprêtait à venir les renforcer avec deux légions.

Les armées des triumvirs sont obligées de rester sur leurs positions peu favorables, et Brutus occupe les anciennes positions de Cassius.

Antoine essaie de nouveau de contourner l’armée républicaine par le flanc sud, mais en y engageant le plus gros de ses forces. Il fait occuper par quatre légions la colline secondaire entre le camp de Cassius et le marais. Et à partir de cette position, il envoie dix légions établir un autre camp plus à l’est le long du marais, et de nouveau deux autres légions construire un troisième camp, encore à l’est du second.

Brutus réagit en construisant une série de redoutes pour faire face à ces nouveaux déploiements de forces. La ligne de front change ainsi complètement de direction pour devenir ouest-est et non plus nord-sud. Elle se dirige dangereusement vers Philippes et menace de couper la ligne de communication de Brutus avec la mer. De leur côté, les triumvirs occupent une position délicate, le long du marais, qui ne leur laisse pas ou peu de possibilité de retraite s’ils sont vaincus.

C’est le 23 octobre 42 avant JC que la seconde bataille de Philippes est engagée, trois semaines après la première.

Selon Appien, ce sont les soldats d’Octave qui s’emparent des postes de fortification de Brutus. La défaite entraîne la déroute pour les soldats républicains fuyant vers la mer et la montagne.

Brutus fuit vers les hauteurs, d’où il pense pouvoir poursuivre le combat et reprendre son camp investi par Octave. Mais il doit se résigner : il est abandonné par ses hommes. Il décide donc de se suicider à son tour plutôt que d’être fait prisonnier. Antoine fait brûler son cadavre sur un bûcher et envoie ses cendres à sa mère, Servilia Caepionis.

Mais selon Suétone, au contraire, Octave lui tranche la tête et la fait jeter aux pieds de la statue de César à Rome. Parmi les fuyards, le poète latin Horace n’est pas le dernier, lui qui avait attaché sa destinée à celle de Brutus. Les troupes républicaines restantes capitulent et se mettent aux ordres des triumvirs.

Nous n’avons pas de chiffres pour les pertes de cette bataille. Ce sont donc les triumvirs qui ressortent gagnant de cette bataille. Cette bataille a engendrée des tensions entre Octave, futur empereur Auguste, et Marc Antoine. Elle a également été un désastre pour Rome, en raison des très lourdes pertes d’hommes.

Après cette bataille, Octave et Antoine ont colonisé Philippes, ils y ont installé de nombreux chefs de leur légions et l’ont nommé colonia Iulia Victrix Philippensis. Aujourd’hui, cette ville s’appelle Filippi et elle est devenu un site archéologique à visiter.

Nous y sommes donc aller avec le projet Erasmus+ #mémoire(s) !

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